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	<title>La somme des pas perdus</title>
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	<pubDate>Thu, 15 Apr 2021 01:59:49 +0000</pubDate>
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		<pubDate>Tue, 01 Dec 2020 21:32:58 +0000</pubDate>

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La somme
des

pas perdus


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		<title>Image 1</title>
				
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		<pubDate>Thu, 03 Dec 2020 22:25:31 +0000</pubDate>

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		<title>Textes FTA</title>
				
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		<pubDate>Mon, 21 Dec 2020 23:37:07 +0000</pubDate>

		<dc:creator>La somme des pas perdus</dc:creator>

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Montréal, Québec

Textes du petit jadis, écrits en vue d’une balado du FTA.



Écoutez, écoutez.

 
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		<title>Image 2</title>
				
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		<pubDate>Fri, 04 Dec 2020 02:50:17 +0000</pubDate>

		<dc:creator>La somme des pas perdus</dc:creator>

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		<title>Home - Index Text</title>
				
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		<pubDate>Wed, 02 Dec 2020 01:12:14 +0000</pubDate>

		<dc:creator>La somme des pas perdus</dc:creator>

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		<description>Questionla manifestation d’un sentiment 
particulier

Cœur des sciencesà quelques pas du Quartier 
des spectacles


“Language is a virus&#38;nbsp;
from outer space.”
– William Burroughs



Les faits dans 
l’affaire du virus de&#38;nbsp;
la couronnetout aurait commencé dans un 
marché de Wuhan


REM
avenue McGill-College on croisele chantier abandonné du rêve


Ligne de chaleur
entre le haut et le bas de la ville


La somme
des pas perdus
la Gare Bonaventure




&#60;img width="1200" height="796" width_o="1200" height_o="796" data-src="https://freight.cargo.site/t/original/i/935fdde799cbe7f4dd6041d92073c95c61e9bfc513aabdd864b17558abdb4b0f/Daniel-Canty-La-somme-6-Gare-Bonaventure.jpg" data-mid="93476911" border="0"  src="https://freight.cargo.site/w/1000/i/935fdde799cbe7f4dd6041d92073c95c61e9bfc513aabdd864b17558abdb4b0f/Daniel-Canty-La-somme-6-Gare-Bonaventure.jpg" /&#62;
Autrui est visage.
–&#38;nbsp;Emmanuel Levinas

L’heure des fous

«&#38;nbsp;Enlevez votre sac.&#38;nbsp;»


Cœur de pomme

les allées d’un vaste verger

Yellow Brick Town
le plus montréalais des parements


La Vierge 
de Marianopolis
en plein bois


Angélus
perché à la fenêtre de mon 
appartement



A dreaded sunny day
so I meet you at the cemetery gates.– The Smiths


Nécropole
Notre-Dame-des-Neiges



Tombeau de Bertolt
Brecht
un nouveau théâtre des distances




I imagine this midnight moment’s forest:
Something else is alive
Beside the clock’s loneliness
And this blank page where my fingers move.– Ted Hughes
« The Thought-Fox »



Renard
le long de corridors transparents


Castor
entre les pierres tombales


Château de Laurentie
les bois qui entourent le 
chemin Olmsted



Je marche à côté d’une joie
D’une joie qui n’est pas moi– Saint-Denys Garneau, 
« Accompagnement »nous nous sommes fait un pont 
de tous ces corps
sur lequel nous avons marché 
avec assez de fermeté
– Gaspard Soiaga-dit-KondiaronkDiscours de la Grande Paix


Grande Paix
aux portes des villes



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		<title>Derniere image</title>
				
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		<pubDate>Thu, 15 Apr 2021 01:59:49 +0000</pubDate>

		<dc:creator>La somme des pas perdus</dc:creator>

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		<title>pied-de-page</title>
				
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		<pubDate>Tue, 01 Dec 2020 21:32:58 +0000</pubDate>

		<dc:creator>La somme des pas perdus</dc:creator>

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	MAI 2020
	Daniel Canty
La somme des pas perdus





	BIENVENUE

La somme des pas perdus a été composée en mai 2020, au plus fort du printemps pandémique. Ces textes ont fourni la matière première pour ma prestation dans le cadre d’«&#38;nbsp;Habiter la vie&#38;nbsp;», une série de balados réalisées par Jessie Mill et Antoine Bédard dans le cadre du Festival Trans­Amériques.

Écoutez, écoutez.


	GÉNÉRIQUE

Réalisation, écriture et photographie
Daniel Canty

Art graphique et livre numérique
Michèle Champagne

Révision linguistique
Luba Markovskaia

Polices de caractères
Neue Haas Grotesk par Max Miedinger 
en collaboration avec Eduard Hoffmann, et 
Guyot Text par Ramino Espinoza, inspiré 
par les travaux de François Guyot

Couleurs
Tirées des pavés, des pierres grises et 
des briques jaunes de la palette Montréalaise

Merci à Benoît Aquin pour le prêt 
de sa Rollei 35 SE

Merci au programme Connexion création 
du Conseil des arts du Canada pour le soutien 
accordé à ce projet



&#60;img width="1201" height="220" width_o="1201" height_o="220" data-src="https://freight.cargo.site/t/original/i/87216c87b57faa877b27c6877fdbb3175495d14c1c675eaeff236d55d8f1b1d1/CCA_RGB_black_f.png" data-mid="91087494" border="0" data-scale="5" data-icon-mode src="https://freight.cargo.site/w/1000/i/87216c87b57faa877b27c6877fdbb3175495d14c1c675eaeff236d55d8f1b1d1/CCA_RGB_black_f.png" /&#62;

CONTACT

Daniel Canty
daniel@danielcanty.com
danielcanty.com

4565, rue Fabre
Montréal (Québec) Canada 
H2J 3V7

+1 514 625 8052


	LES PAS PERDUS

Question
Cœur des sciences
Les faits dans l’affaire du virus de la couronne
REM
Ligne de chaleur
La somme des pas perdus
L’heure des fous
Cœur de pomme
Yellow Brick Town
La Vierge de Marianopolis
Angélus
Nécropole
Tombeau de Bertolt Brecht
Renard
Castor
Châteaux de Laurentie
Grande Paix


	© Daniel Canty 2020
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	<item>
		<title>question</title>
				
		<link>https://lasommedespasperdus.com/question</link>

		<pubDate>Tue, 22 Dec 2020 02:51:50 +0000</pubDate>

		<dc:creator>La somme des pas perdus</dc:creator>

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	Question


Qu’est-ce qu’un écrivain,

sinon la manifestation d’un sentiment


particulier ?




	
	︎︎︎



LA SOMME
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	</item>
		
		
	<item>
		<title>coeur-des-sciences</title>
				
		<link>https://lasommedespasperdus.com/coeur-des-sciences</link>

		<pubDate>Fri, 04 Dec 2020 03:51:57 +0000</pubDate>

		<dc:creator>La somme des pas perdus</dc:creator>

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	Cœur des sciences





DANS LE PETIT JADIS, avant que les espaces inté­rieurs de la ville ne se referment comme des coquillages autour de nous, il était prévu que je vous lise ce texte en per­sonne, dans l’agora du Cœur des sciences, à&#38;nbsp;quelques pas du Quartier des spectacles. 

Nous ne vivons pas le joli mois de mai que nous espé­rions. Je continue tout de même, au nom de la santé mentale et physique, de faire de longues marches à travers la ville. Je n’ai pas sitôt mis le pied dehors que je m’invente une desti­na­tion, comme si ma raison en dépendait. La crise – l’expres­sion me semble un tant soit peu parado­xale, vu ses effets pacifiants – a dépeuplé les rues, ralenti les rythmes de la ville. On croise des gens stupéfaits de marcher dans une version de ce jour d’après dont on croyait qu’il ne viendrait jamais. Les angois­ses familières de la guerre froide, qui ne semblaient plus qu’un mauvais rêve, sont ravivées, et métamor­pho­sées par la prégnance du virus. La montréalité, bous­culée par sa force d’impact, a franchi un palier d’irréalité. Sur les trottoirs et dans les rues négligées par les voitures, les cito­yens s’écartent à distance respec­table les uns des autres. Ils ont le regard hanté et la démarche spectrale de revenants tout aussi apeurés d’eux-mêmes que de leurs semblables.

J’ai vite résolu – j’aimerais dire que c’était à la date prévue pour ma presta­tion&#38;nbsp;– d’aller voir d’où je vous aurais parlé, si les choses avaient suivi leur cours. Lorsque j’ai pour la première fois entrevu les bâches blanches des tentes de la clinique de dépistage, elles m’ont semblé les émules de celles que l’armée américaine plante au pied du vaisseau extraterrestre dans Arrival, ce film hollywoodien de notre compa­triote Denis Villeneuve. J’imagi­nais les techni­ciens en combinaison hazmat qui s’affairaient à l’intérieur, tendant les languettes de l’inquié­tude aux citoyens éberlués de se retrouver en plein scénario catastrophe. Et ce, au lieu même où ces derniers s’étaient habitués à aller au concert, à la fête.

La Place des Festivals a été transformée en décor de film de science-fiction vécue. Je crois que quel­que chose, dans les récits et les images que nous consommons à longueur de jour, nous avait accou­tumés à l’éventualité de la crise, et lorsqu’un beau vendredi douze mars –&#38;nbsp;Douzeday Dooms­day – au Québec et sur Terre, les autorités ont décidé d’alerter la population à la menace qui flottait dans les airs, nous nous sommes si vite, et si docile­ment, adaptés à la donne, qu’il m’a semblé que nous acceptions une vérité cachée depuis des lustres au fond de notre pensée. La fiction, je n’ai de cesse de le répéter, fait aussi partie de la réalité, et nous avait donc prépa­rés, un tant soit peu, à bascu­ler dans l’expérience. Mon invo­cation de ce terme cher aux scien­tifiques de toutes les persua­sions est loin d’être innocent. La pandémie nous a propulsés dans l’urgence de l’hypo­thèse, et nous nous adaptons, tant bien que mal, à une nouvelle forme de solida­rité, qui ouvre également la voie à une forme nouvelle de contrôle social.

Lorsque je cherche des comparables –&#38;nbsp;un tel saisisse­ment de l’espace public – dans l’histoire récente de ma ville, je me prends à penser 
à la crise d’octobre

1970,
à la tempête de verglas de

1998ou au Printemps érable de

2012.


L’ingérence fédérale, les rigueurs de l’hiver et l’émotion populaire, vécue comme une fin en soi – la défaite est après tout un des mythes fonda­teurs du Québec –, sont des traits caracté­ristiques de notre culture. Elles repré­sentent aussi trois façons distinctes de bloquer les artères de la ville. La pandémie en est une nouvelle.

La courbe de la contagion a déposé sa cloche de verre sur nos têtes, et, à Montréal comme ailleurs, la population se trouve projetée dans l’espace d’un récit scientifique planétaire. Bien avant de détecter l’exo­planète B que laissent espérer les radio­astronomes, la Terre a été trans­formée en planète de série B. Nous vivons des temps incer­tains, un scénario schématique, soumis à l’inquié­tude statis­ti­que, à l’inter­pré­tation naïve de l’arc drama­tique du virus. Les statis­tiques engen­drent des légions de fantô­mes. Leur pouvoir – dont on ne saurait douter – est, à propre­­ment parler, surnaturel. L’histoire de nos vies se déroule à une autre échelle de l’être, dans un autre monde. Il y a quelque chose de néces­saire­ment réducteur – et d’immen­sément dérou­tant – dans les narra­tions chiffrées, où l’indi­vi­dualité s’efface au profit du nombre. La science, ou quelque chose qui y ressemble, a beau avoir fait irruption, avec la crise sanitaire, au cœur de l’espace de la ville, cette histoire demeure la nôtre, et s’il est une chose dont on peut être certain, c’est que des calculs n’épuiseront en rien le sujet.

À la vieille question « Qu’est-ce que nous apprend l’Histoire ? », j’ai tou­jours préféré substi­tuer une variation plus prolixe, « Qu’est-ce que nous apprennent les histoires ?&#38;nbsp;» Chaque culture, chaque régime poli­tique, aborde la crise avec son style particulier. Ce que nous vivons, ici, à Montréal, a, sous bien des aspects, peu à voir avec le feuilleton mondial (ou même avec le scénario pro­vincial). Et ce que nous vivons, chacun pour nous, dans nos replis person­nels, sera, ultime­ment, le gage des appren­tissages les plus fonda­mentaux, et des plus forts rapproche­ments. Il me semble qu’il faut éviter de réduire nos sembla­bles à ces « gens&#38;nbsp;» qui hantent nos conver­sations, et dont le principal défaut est de n’être pas nous. L’histoire a rejoint la fiction. Elle a, comme jamais, besoin de l’ima­ginaire humain. Tant que nous nous souvien­drons que nous vivons à Montréal, dans notre Québec libre, il n’en revien­dra qu’à nous&#38;nbsp;– qui sommes et ne sommes pas ces «&#38;nbsp;gens&#38;nbsp;» dont on parle, ou ces statistiques dont le discours ambiant fait planer sur nous le spectre – de cham­bou­ler les termes de notre histoire.


Que voulez-vous, c’est un pli personnel&#38;nbsp;: à chaque fois que je ne sais plus quoi penser, je me tourne vers les mots, assuré qu’ils savent sur nous des choses que l’on ignore. J’ai arrêté le titre de ces réflexions, La&#38;nbsp;somme des pas perdus, sans bien savoir de quoi j’allais vous parler, sinon qu’il serait ques­tion de ces marches par lesquelles je prenais, et prends toujours, la mesure de la montréa­lité. Et il n’est pas anodin, eu égard à la situation que nous traversons, que, si nous ne nous étions pas retrouvés plongés dans ce scéna­rio de série B, ce serait, oui, au Cœur des sciences que j’aurais pro­noncé cette confé­rence. La science, ou quel­que chose qui lui ressemble – et parle en son nom –, a conquis l’espace habitable de la ville, et l’expres­sion cœur des sciences me semble fort juste pour nommer la manière dont nous habitons actuellement la&#38;nbsp;vie.

Ces données suffisent pour que je me réclame des pouvoirs mutants du télé­pathe, et que je vous entraîne avec moi par les rues de Montréal,&#38;nbsp;à la recherche de son cœur multiple.




	︎︎︎&#38;nbsp;
	︎︎︎



LA SOMME
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	<item>
		<title>citation-burroughs</title>
				
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		<pubDate>Sun, 27 Dec 2020 07:17:39 +0000</pubDate>

		<dc:creator>La somme des pas perdus</dc:creator>

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	︎︎︎&#38;nbsp;
	&#38;nbsp;︎︎︎



“Language is a 
virus from outer space.”
« Le langage est un 
virus venu de l’espace. »
– William Burroughs, 1962</description>
		
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